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Alors j'irai voter

Publié le par Xavier Pasteau

Depuis de longues semaines, je suis muet sur ce blog. Par choix, par manque de clarté dans ce que je perçois de notre société, qui vibre, tremble et perds les pédales. Tout se mélange, le débat politique sur une loi, une aspiration collective, des mouvements nouveaux, des troubles qui vont avec et les arguments que ces troubles donnent aux opposants à ces mouvements.

Tout part d'un projet de loi qui, s'il avait été fait au début du quinquennat, n'aurait même pas défrayé l'actualité... Mais voilà, quatre ans ont passé et la crise a transpercé le tissu social. Les électeurs d'antan sont devenus des sceptiques, voire des opposants. Le FN s'est imposé comme premier parti du pays et la question n'est plus que de savoir qui prendra l'autre place au second tour de la présidentielle de 2017.

Un pouvoir social-démocrate, se targuant de gauche, a accompli son oeuvre. Avec de multiples échecs et une incompréhension : les électeurs de gauche à la primaire de 2011 ont désigné un candidat social-démocrate. Et ils attendaient de lui qu'il fasse une politique de gauche toute. Le discours du Bourget, ferment de la victoire, a créé et amplifie encore cette incompréhension et creuse le fossé. Pourtant, à qui relit avec objectivité la campagne de 2011-2012, il apparaît évident que le Bourget ne fut qu'un soir, et certainement pas le grand soir...

Ceux qui ont voté en 2012, ceux qui voteront en 2017 se disent ceci : ils cherchent une voix qui concilie l'économie de marché, l'envie européenne, l'exigence écologique (même Sarkozy a fait le Grenelle !), la protection des êtres et la préservation des mécanismes intergénérationnels et trans-CSP de solidarité sociale. Je paye la retraite de mes parents, mes neveux paieront la mienne. Les impôts et les cotisations des gens comme moi, qui ai la chance d'être dans l'emploi et cadre, permettent aux familles et aux gens en galère de garder la tête hors de l'eau. Quand j'étais patron de TPE, payer l'URSSAF chaque trimestre m'a souvent empêché de dormir, mais je l'ai toujours fait : c'était un devoir et c'était un choix : participer à la vie de la nation, aux dépenses de santé des malades, à la survie de quelques chômeurs, aux allocs de quelques familles nombreuses.

Ce système, qui fait râler les entrepreneurs sans satisfaire pleinement les syndicalistes, est la plus belle chose que la société française ait produit depuis la révolution - les droits de l'homme et l'abolition des privilèges - et les différentes générations de progrès au fil des décennies : abolition de l'esclavage (1848), droit de grève (1865), école pour tous (1882), liberté d'association (1901), laïcité (1905), congés payés (1936), droit de vote des femmes (1944), création de la sécurité sociale (1945), traité de Rome (1957), auto-détermination de l'Algérie (1962), accords de Grenelle sur le travail (1968), légalisation de l'avortement (1975), libéralisation des radios (1981), abolition de la peine de mort (1981), décentralisation (1982), création du RMI (1989), union économique et monétaire européenne (1992)... Les Français sont attachés à ces avancées, à ces pages d'histoire qu'ils ont voulues, et qui nous rendent fiers d'être nous.

On nous dit "Nuit Debout". On nous dit tout et n'importe quoi dessus. Certains voudraient que ce ne soit que ramassis de casseurs et de dilletantes abonnés du RSA. D'autres voudraient nous faire croire que c'est l'expression du peuple. Comme si le peuple pouvait tenir sur une seule place, fusse celle de la République ! Mais, mon ami, le peuple est plus grand que la République ! Et je crois intimement que nul ne peut prétendre parler en son nom. Hormis ceux que nous désignons pour écrire la loi et contrôler le gouvernement...

Là où je rejoins ceux qui remettent en cause le système, c'est sur le mode de représentation : le système institutionnel qui confisque les sièges au profit des candidats des grands partis, et le code électoral qui assoit la perpétuité des mandats, là où la construction de l'avenir nécessiterait le turn-over ! Je plaide pour le non-cumul vertical (un seul mandat par individu à instant T) et horizontal (pas plus de 12 ans dans une même fonction exécutive ou parlementaire, depuis ministre jusqu'à adjoint au maire, en passant par député).

Là où je me dissocie des mouvements qui contestent et proposent - au nom du peuple - de réinventer le système et la société, c'est sur la posture idéologique. Non, vous n'avez pas raison seuls. Non, vous ne pouvez pas nier que d'autres voies existent, et que, non, elles ne sont pas forcément "fachos" ou "européistes", ou "capitalistes" ou "réactionnaires" parce que vous ne partagez pas les idées qui les sous-tendent et les propositions qui en sortent. Ou alors la République - qui est plus qu'une place - n'est plus une démocratie.

Que Nuit Debout produise, et propose le fruit de ses travaux. Que François Hollande propose un contrat de deuxième mandat. Que les écolos énoncent un projet de transformation économique, écologique et social. Que la primaire de droite accouche d'une vision assumée de comment développer l'économie sans casser la société et mettre en tension le corps social. Que le FN essaie de nous convaincre que la haine et le repli sont des voies d'avenir.

C'est le moment. C'est le temps. Dans un an, un an seulement, le peuple - le vrai peuple, celui qui inclut tous les citoyens et mobilise toute la nation - se prononcera. Dans l'élection. Le peuple, 42 millions d'électeurs, se prononcera dans les isoloirs, pas sur les places publiques, pas à la télé, pas dans une primaire partisane. Je suis du peuple, ne prétendez pas parler en mon nom. Ce que j'ai à dire, j'ai moult façons pour le dire. Les mouvements, les primaires, les manifs, les réseaux sociaux en sont autant. Mais le peuple dans son ensemble n'en a qu'une : le suffrage universel.

Alors j'irai voter.

Publié dans Le Vaste Monde

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Juke box

Publié le par Xavier Pasteau

Ce soir, j'ai des chanson plein la tête. et je te les déverses, ici, comme ça, brut de décoffrage. 

Monsieur Polnareff :

 

Jean-Jacques (le non-héros de mon prochain roman s'appelle Jean-Jacques) (ouais bon, on s'en fout, tu l'achèteras pas !)

 

Et puis Léo (sinon, c'est pas vraiment mon blog...) (un proverbe yiddisch dit : "les bateaux sont à l'abri dans les ports, mais ils ne sont pas faits pour ça."

 

Grand Corps, un jour ma Belle, on arrivera à le voir ! Y'aura pas toujours une semaine en Savoie, vampirisée par le décès d'une petite grand-mère... ! ;-)

 

Et puis, ces jours-ci, j'ai rétrogradé : j'écoute Renaud ! Comme quand j'étais jeune. Parce que, je peux bien te le dire  je suis plus un djeun ! Mais toujours, y'a des trucs qui restent...

Je dédie cette petite chanson à la petite grande femme qui peuple mon univers et que j'aime au point d'affirmer que, oui, c'est elle. Parce que, près d'elle, je suis moi. Et même un grand brin plus grand que moi...

Bonne nuit, lecteur de mon coeur... Je t'envie, parce que ta tête est pleine de chansons. Et je te plains, parce qu'elle t'empêcheront de dormir et que tu les auras dans la tête toute la journée ! 

Alors, tu me maudiras ! Ou bien tu te diras que je suis un veinard, puisque ma vie est faite de chansons, d'amour et d'eau fraîche

Publié dans Léo

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