Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Philippe Léotard : Jeune fille interdite

Publié le par Xavier Pasteau

Publié dans Léo

Partager cet article

Repost 0

Je cherche. Je cherche... encore...

Publié le par Xavier Pasteau

Je vois le peuple de France dans ce printemps tout pourri. Le débat autour de la loi El Kohmri a pris moutles voies colatérales, les taxis, les cheminots, et même les pilotes d'avion ! 

On a mal, parce que tous autant qu'on est, on se met sur la gueule. Et puis chacun cherche la petite image, la vidéo qui dira que l'autre, celui d'en face, c'est un salaud, un facho, ben oui, on n'en est pas à un raccourci près ! Le facho, c'est devenu celui qui croit pas comme toi... ça en fait du monde ! 

Et pourtant, on fête ces jours-ci, dans la plus totale indifférence, les 80 ans du Front Populaire. OK, mes ancêtres n'ont pas voté pour le Front Populaire. OK, ils y voyaient sans doute l'oeuvre du diable lui-même, ce grand démon communiste, et ils avaient raison ! Oui, à l'époque, je ne sais pas de quel côté j'aurais été : un bourgeois qui cherche une voie centrale ou un bobo qui prône un changement auquel il n'aspire pas vraiment ? Ou Hemingway, ou Aragon, ou Joseph Kessel ? 

Aujourd'hui, c'est 2016. La menace terroriste. Aujourd'hui c'est 2016, l'internationale des hooligans qui vient relever les compteurs de qui est le plus con : match nul : tous niveau moins zéro ! Aujourd'hui, c'est Waterloo, la défaite absolue, quand une députée britannique est assassinée pour ses convictions pro-européennes. Elle aurait été anti-UE, je dirais la même chose, mais voilà : Jo Cox défendait la place de son pays dans l'Europe ! Dans, dedans. Là où la civilisation est à l'oeuvre, là où les intérets tous petits des gens sont plus importants que ceux des puissants qui prétendent décider pour nous, là où nos avis à la con valent plus que leurs calculs de merde ! 

Aller, musique ! (sinon, je vais me fâcher pour rien !) Oh, Tonton !

Partager cet article

Repost 0

La journée de l'entrepreneur

Publié le par Xavier Pasteau

Il était une fois...

Non, ce n'est pas l'histoire d'un conte de fée... C'est l'histoire bien réelle de deux garçons... Non, deux hommes. Deux gars. Deux amis. Deux entrepreneurs.

Nous sommes le 1er août 2005, à Ivry-sur-Seine. Patrick, 50 ans, Xavier, 31 ans, leur employeur pour encore quelques semaines et leur nouvel expert-comptable sont réunis dans un bureau. Ils prennent vingt minutes pour parapher et signer les statuts d'une nouvelle société, baptisée XPS Développement. Un bureau d'études spécialisé dans le développement local. Patrick et Xavier sont actionnaires à 45% chacun et leur ex-employeur le devient pour les 10% restants. Il apporte aussi les premiers contrats : Patrick et Xavier finiront en sous-traitance les missions qu'ils ont en cours. De quoi, très rapidement, abonder la trésorerie.

Parce que Patrick habite déjà le Lot-et-Garonne depuis presque dix ans et parce que Xavier a depuis pas mal de temps des envies de Sud-ouest, le siège social de la nouvelle entreprise est établi à Agen, au 95 de la rue Montesquieu. Plus tard, le siège sera déplacé cours Victor Hugo, nous n'avons jamais badiné avec nos inspirateurs.

Les premiers temps sont curieux. Nous sommes nos chefs, nous tenons en main notre destinée, et c'est la première fois. En même temps, les choses sont assez faciles. Le conte de fée est à l'oeuvre. Les contrats, les missions, les factures, les projets. Les premiers appels d'offres sont des succès, la nouveauté paye, même dans les marchés publics ! Et puis, la flamme est là, la passion est là, l'envie est là. Pendant deux ans, je le crois, nous sommes les meilleurs consultants lot-et-garonnais du monde ! Nous développons des services, les savoir-faire, des méthodologies pertinentes. Nous innovons, nous écoutons nos clients et nous recevons leur reconnaissance : un deuxième contrat. Le chiffre d'affaire s'accroît et Agen devient la ville où je me projette, alors même, qu'entre temps, un divorce a conclu un quart de siècle de ma vie parisienne.

Nous visitons des gens, nous déjeunons, nous prospectons. Dans les auditions des appels d'offres, nous cartonnons : Patrick rassure le client pendant que Xavier le pousse dans ses contradictions. Nous brillons, j'aime cet exercice, Patrick s'y habitue.

Après, il faut produire les études ! Patrick a ce talent de s'enfouir dans les pages et les pages de documentation, à la recherche du moindre indice d'une vérité territoriale. Xavier a cette dilletance de capter ce qu'il en sort pour en tirer une synthèse. A eux deux, ce sont des monstres : une capacité de compréhension et de restitution à nulle autre pareille, une écriture à quatre mains (authentique !), l'un piochant dans ses multiples pages de notes ce qu'il faut retenir, l'autre le traduisant en phrases ramassées et parfois systémiques. Ils deviennent des références régionales sur certains sujets, les services à la population en milieu rural, puis l'évaluation des politiques publiques. Sur ce dernier point, ils acquièreront leurs seules lettres de noblesse professionnelle, un peu dans la douleur, auprès de la ville de Pessac. Un jour, ils se retourneront et ne retiendront que cela : ils savaient rendre une évaluation utile et non punitive pour les élus locaux. Cela seul sera leur fierté quand tout s'arrêtera : ils l'auront fait.

Et puis, il y a ce qui reste derrière le miroir. Xavier, divorcé, seul, perdu, mais courageux quand même, faillit parfois. Toujours le soir, toujours seul chez lui. Mais on n'apprend pas au vieux singe à faire la grimace et Patrick, qui sait décoder le coeur des hommes, perçoit les matins fatigués de son associé, son ami. Il ne dit rien. Mais il fait beaucoup. Il l'a tenu hors de l'eau, il l'a tenu au boulot, il l'a tenu dans sa qualité et sa richesse, professionnelle certes, humaine aussi. Si quelqu'un veut comprendre la signification du mot ami, qu'il observe Patrick Smith.

Et la réussite n'étant pas avare, voilà que le chiffre d'affaire enfle démesurément ! Il faut embaucher. Vu la qualité de la candidate qui retient notre attention, Amandine, le stage devient un CDD, puis un CDI. Nous créons notre premier emploi, nous sommes heureux comme des cabrisseaux au printemps ! La petit entreprise se vit désormais à trois, et cette jeune femme, dont c'est le premier emploi, ne nous envoie pas dire que nous sommes "un vieux couple" ! Oh Dieu, que je t'ai aimée ce jour-là, Amandine !

Nous rayonnons. Géographiquement j'entends ! La haute-Vienne, la Corrèze, les Hautes-Pyrénées, le Béarn, les Landes, le Tarn-et-Garonne, et tant d'autres ! Notre petite entreprise est intégrée dans un réseau de partenariats avec d'autres petites structures, nous faisons ou approndissons des rencontres : Nathalie Pinel, Edwige Cometti, Florence Juan, et puis toujours les vieux collègues de Paris, Julie, Caroline, Charlotte, Chantal, Anne-Marie, et mon préféré, mon ami et mon frère Jean Christ !

Pourquoi cela aurait-il dû un jour s'arrêter ?

Parce que la vie des hommes est faite de leurs chutes autant que de leurs sommets. Un jour, croyant saisir le bonheur revenu, j'ai décidé de repartir pour Paris. J'y ai passé deux ans. Je ne les regrette pas. Pour autant, à cette époque, la crise mondiale s'est installée, puis la crise des dettes souveraines, la crise de l'Euro et les restrictions budgétaires dans les dépenses des collectivités.

Nous avions pris un tournant stratégique, dans la lancée du Grenelle de l'Environnement de 2007 : nous nous sommes spécialisés dans l'accompagnement des démarches territoriales d'Agenda 21 (plus d'infos ici : http://www.agenda21france.org/).
Puis le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a décidé que "nous en avions assez fait avec l'environnement." C'était juste après que le Conseil Constitutionnel ait retoqué la loi sur la taxation carbone, la meilleure bonne idée du quinquennat Sarkozy. Du jour au lendemain, les collectivités ont arrêté les Agenda 21. Du jour au lendemain, notre tournant stratégique a fait pschitt !

Alors, ont commencé les années de galère. Nous nous sommes séparés d'Amandine qui, suffisamment intelligente, a trouvé un job ailleurs avant que nous ne puissions enclencher son licenciement. De durs moments pour nous, de mauvaises nuits et un regret d'une mauvaise fin pas bien marquée. Notre plus grand bonheur - créer un emploi - aura conduit à notre plus grand fiasco : ne pas savoir en saluer la fin. Une chose est sûre, Amandine : nous avons été heureux avec toi à nos côtés. Une autre chose ne pourra jamais être contestée : ce que tu as donné à cette entreprise est énorme ! Sois-en remerciée. J'espère qu'avec le recul, ce que tu auras vécu avec nous t'aura aidé dans les étapes suivantes de ta vie professionnelle. Et puis, sache-le, le tableau, peint par toi, que tu nous avais offert pour orner le bureau, il trône toujours ici, chez moi ! Et ainsi, ma Natha te connait un peu…

Après, c’est l’enclenchement des difficultés. Patrick qui m’appelle par tous les moyens de communication de l’époque pour me demander de l’aider : sur notre grosse mission, il n’y arrive plus. C’est le week-end du 11 novembre 2010, nous sommes à deux doigts de l’échec total. Nous reprenons le taureau par les cornes, nous reprenons le problème dans l’ordre. Nous rappelons le client à sa responsabilité et nous nous engageons à assumer la nôtre. C’est con à dire, mais, sans doute, ce que XPS avait de meilleur à donner est né dans cette tourmente, cinq ans après sa création, alors même que le plus gros était déjà consommé. Nous avons entre ce 11 novembre et le 4 décembre qui a suivi – une incroyable réunion publique avec les habitants de Pessac sur le devenir de leur ville – acquis la maturité qui nous avait encore manqué jusque-là. Ce contrat, qui a sauvé l’entreprise et qui a failli la tuer, l’a rendue meilleure qu’elle n’a jamais été. Elle nous a obligés à être meilleurs que nous n’avions jamais été. Et, je le crois, nous avons été meilleurs que nous le serons jamais, même moi à qui il reste au moins vingt ans de vie professionnelle.

La Vallée du Lot, le Val d’Adour et Pessac, c’est et ce restera le tiercé gagnant de toute ma vie professionnelle.

Pour autant, les comptes n’y étaient plus. Moi à Paris quand Patrick était à Agen, nous n’avons plus su innover, renouveler nos méthodes, ressourcer nos approches, confronter nos idées. Mon projet perso a été le cancer de notre projet professionnel. Je le sais maintenant ! Quand il aurait fallu être serré l’un contre l’autre, à innover, bûcher, bosser, labourer, nous devisions par Skype, chacun cherchant surtout à rassurer l’autre.

Oh ! Dieu sait que nous nous sommes battus ! Oui, nous nous sommes battus jusqu’au dernier ! Nous n’avons manqué ni de courage ni de travail ni de talent. Nous avions tout cela. Nous nous sommes heurtés à une époque qui ne voulait plus de nous, les consultants. Dans la crise, la France a recentré ses moyens sur l’essentiel. Nous oeuvrions dans la périphérie. Mon pire cauchemar est devenu l’échéance trimestrielle de versement des cotisations sociales, le fantôme de mes nuits blanches, pendant trois ans, a été l’URSSAF. 

Et puis, la ficelle était rongée jusqu’à l’os. Nous n’y arrivions plus. Mon dernier talent était la prospective financière : nous étions morts. C’était en janvier 2012. Nous avons compris que nous devions arrêter bientôt. Nous avons baissé nos salaires de moitié. J’ai emprunté des sous à mes parents.

Mon père est mort. Une femme m’a quitté. XPS Développement a sombré. Bonne année 2012 !

Nous avons bataillé encore, un peu. Une évaluation LEADER gagnée de haute lutte en Creuse, la dernière mission dont je sois fier. Une mission OVNI sur les paysages en Gironde, une bouffée d’oxygène pour mes neurones !

Et puis le 26 avril 2012. Réunion au Conseil Général de la Gironde justement. Qui dure. Je prends la route trop tard. Papa est mort quand j’arrive.

Je deviens sur le tard un homme dans quatre nuits blanches consécutives.

L’histoire de XPS est indissociable de la nôtre, Patrick ! Si nous n’avions connu que des bonheurs simples, XPS aurait été une évidence simple ! Mais nous sommes pétris de chair et de sang, d’eau et de graisse. Nous sommes humains et nous sommes faillibles. Les entrepreneurs de ce pays et de tous les autres sont des êtres de chair et de sang, de force et d’émotions. Je plaide coupable de mes faiblesses et de ces chemins de traverse que j’ai imposés à notre histoire commune. Et je ne regrette presque rien… Sinon le manque d’audace, sinon le fait que nous avons un jour cessé d’innover, sinon qu’un jour, je n’avais plus la force.

Patrick a quitté la société en février 2013, embauché qu’il était par une ONG picarde qui l’a d’abord envoyé deux ans au Bénin. Dieu, Catherine et Patrick, que je me suis senti coupable de vous savoir si loin de l’autre ! J’ai débuté le 2 septembre 2013 un nouveau boulot de développeur économique à la Communauté d’agglomération Royan Atlantique, où je suis toujours.

Après trois ans à cheval entre deux continents, loin des siens, Patrick va revenir en Lot-et-Garonne.
Ici, à Royan, j’ai rencontré une femme merveilleuse. Nous avons plein de projets.
Patrick et moi nous devons un putain d’Armagnac de derrière les fagots, un soir, face au soleil couchant, sur les bords de la Garonne. C'est moi qui l'offre.

Patrick et moi nous devons une dette perpétuelle. En fait, non, j’ai envers lui une dette perpétuelle : j’ai vécu avec lui – grâce à lui – les 8 plus belles années de ma vie professionnelle.

MERCI, camarade !

 

Ce matin, 3 juin 2016, j’ai clôturé enfin le compte bancaire de la société. Celle-ci a cessé son activité en septembre 2013. Pour plein de raisons improbables, il a fallu deux ans et demi pour en finir complètement. La radiation a été prononcée par le Tribunal de commerce en janvier 2016.

Maintenant, c’est fini.

Je crois cependant que, si c’était à refaire, nous le referions. Au moins pour le plaisir de le refaire ensemble.

 

 

Ce papier, et beaucoup plus encore, est dédié à Monsieur Patrick Smith.
Il est écrit en mémoire de MM. Hedley P. Smith et François Pasteau.

Je souhaite adresser mes remerciements à tous les bienfaiteurs de XPS : Pascal Roumeguère et toutes les équipes de RCT (devenu Rouge Vif Territoires), Jean-Luc Giordana, Olivier Baccialone et Véronique Soubabère, Edwige Cometti, Florence Juan, Nathalie Pinel, Monsieur Jean Glavany, Monsieur Daniel Faucher, Monsieur Patrick Cassany, Monsieur Pierre Camani, Monsieur Jean-Pierre Lorenzon, Jean-Claude Jurkow, Marina Salacroup, Karine Lancement, Saïda Benidir et Aurélie Dupont, Patrice Chiesa, et tant d’autres !

A Amandine Irague, plus que tout,

A Christine et à toute l’équipe de l’agence Europcar d’Agen. Merci pour toutes ces chevauchées improbables en C1 ou Aygo sur toutes les routes de France !

A Pascal Poulain, du cabinet Coriolis de Royan, qui m’a permis d’enfin en finir.

 

A Denis, qui m’a le premier emmené à Armandie. Et à qui je n’ai jamais pu rendre la pareille. Tu as été un témoin privilégié de ces années-là. Tu manques…

 

Publié dans Monsieur Loyal

Partager cet article

Repost 0

Alors j'irai voter

Publié le par Xavier Pasteau

Depuis de longues semaines, je suis muet sur ce blog. Par choix, par manque de clarté dans ce que je perçois de notre société, qui vibre, tremble et perds les pédales. Tout se mélange, le débat politique sur une loi, une aspiration collective, des mouvements nouveaux, des troubles qui vont avec et les arguments que ces troubles donnent aux opposants à ces mouvements.

Tout part d'un projet de loi qui, s'il avait été fait au début du quinquennat, n'aurait même pas défrayé l'actualité... Mais voilà, quatre ans ont passé et la crise a transpercé le tissu social. Les électeurs d'antan sont devenus des sceptiques, voire des opposants. Le FN s'est imposé comme premier parti du pays et la question n'est plus que de savoir qui prendra l'autre place au second tour de la présidentielle de 2017.

Un pouvoir social-démocrate, se targuant de gauche, a accompli son oeuvre. Avec de multiples échecs et une incompréhension : les électeurs de gauche à la primaire de 2011 ont désigné un candidat social-démocrate. Et ils attendaient de lui qu'il fasse une politique de gauche toute. Le discours du Bourget, ferment de la victoire, a créé et amplifie encore cette incompréhension et creuse le fossé. Pourtant, à qui relit avec objectivité la campagne de 2011-2012, il apparaît évident que le Bourget ne fut qu'un soir, et certainement pas le grand soir...

Ceux qui ont voté en 2012, ceux qui voteront en 2017 se disent ceci : ils cherchent une voix qui concilie l'économie de marché, l'envie européenne, l'exigence écologique (même Sarkozy a fait le Grenelle !), la protection des êtres et la préservation des mécanismes intergénérationnels et trans-CSP de solidarité sociale. Je paye la retraite de mes parents, mes neveux paieront la mienne. Les impôts et les cotisations des gens comme moi, qui ai la chance d'être dans l'emploi et cadre, permettent aux familles et aux gens en galère de garder la tête hors de l'eau. Quand j'étais patron de TPE, payer l'URSSAF chaque trimestre m'a souvent empêché de dormir, mais je l'ai toujours fait : c'était un devoir et c'était un choix : participer à la vie de la nation, aux dépenses de santé des malades, à la survie de quelques chômeurs, aux allocs de quelques familles nombreuses.

Ce système, qui fait râler les entrepreneurs sans satisfaire pleinement les syndicalistes, est la plus belle chose que la société française ait produit depuis la révolution - les droits de l'homme et l'abolition des privilèges - et les différentes générations de progrès au fil des décennies : abolition de l'esclavage (1848), droit de grève (1865), école pour tous (1882), liberté d'association (1901), laïcité (1905), congés payés (1936), droit de vote des femmes (1944), création de la sécurité sociale (1945), traité de Rome (1957), auto-détermination de l'Algérie (1962), accords de Grenelle sur le travail (1968), légalisation de l'avortement (1975), libéralisation des radios (1981), abolition de la peine de mort (1981), décentralisation (1982), création du RMI (1989), union économique et monétaire européenne (1992)... Les Français sont attachés à ces avancées, à ces pages d'histoire qu'ils ont voulues, et qui nous rendent fiers d'être nous.

On nous dit "Nuit Debout". On nous dit tout et n'importe quoi dessus. Certains voudraient que ce ne soit que ramassis de casseurs et de dilletantes abonnés du RSA. D'autres voudraient nous faire croire que c'est l'expression du peuple. Comme si le peuple pouvait tenir sur une seule place, fusse celle de la République ! Mais, mon ami, le peuple est plus grand que la République ! Et je crois intimement que nul ne peut prétendre parler en son nom. Hormis ceux que nous désignons pour écrire la loi et contrôler le gouvernement...

Là où je rejoins ceux qui remettent en cause le système, c'est sur le mode de représentation : le système institutionnel qui confisque les sièges au profit des candidats des grands partis, et le code électoral qui assoit la perpétuité des mandats, là où la construction de l'avenir nécessiterait le turn-over ! Je plaide pour le non-cumul vertical (un seul mandat par individu à instant T) et horizontal (pas plus de 12 ans dans une même fonction exécutive ou parlementaire, depuis ministre jusqu'à adjoint au maire, en passant par député).

Là où je me dissocie des mouvements qui contestent et proposent - au nom du peuple - de réinventer le système et la société, c'est sur la posture idéologique. Non, vous n'avez pas raison seuls. Non, vous ne pouvez pas nier que d'autres voies existent, et que, non, elles ne sont pas forcément "fachos" ou "européistes", ou "capitalistes" ou "réactionnaires" parce que vous ne partagez pas les idées qui les sous-tendent et les propositions qui en sortent. Ou alors la République - qui est plus qu'une place - n'est plus une démocratie.

Que Nuit Debout produise, et propose le fruit de ses travaux. Que François Hollande propose un contrat de deuxième mandat. Que les écolos énoncent un projet de transformation économique, écologique et social. Que la primaire de droite accouche d'une vision assumée de comment développer l'économie sans casser la société et mettre en tension le corps social. Que le FN essaie de nous convaincre que la haine et le repli sont des voies d'avenir.

C'est le moment. C'est le temps. Dans un an, un an seulement, le peuple - le vrai peuple, celui qui inclut tous les citoyens et mobilise toute la nation - se prononcera. Dans l'élection. Le peuple, 42 millions d'électeurs, se prononcera dans les isoloirs, pas sur les places publiques, pas à la télé, pas dans une primaire partisane. Je suis du peuple, ne prétendez pas parler en mon nom. Ce que j'ai à dire, j'ai moult façons pour le dire. Les mouvements, les primaires, les manifs, les réseaux sociaux en sont autant. Mais le peuple dans son ensemble n'en a qu'une : le suffrage universel.

Alors j'irai voter.

Publié dans Le Vaste Monde

Partager cet article

Repost 0

Juke box

Publié le par Xavier Pasteau

Ce soir, j'ai des chanson plein la tête. et je te les déverses, ici, comme ça, brut de décoffrage. 

Monsieur Polnareff :

 

Jean-Jacques (le non-héros de mon prochain roman s'appelle Jean-Jacques) (ouais bon, on s'en fout, tu l'achèteras pas !)

 

Et puis Léo (sinon, c'est pas vraiment mon blog...) (un proverbe yiddisch dit : "les bateaux sont à l'abri dans les ports, mais ils ne sont pas faits pour ça."

 

Grand Corps, un jour ma Belle, on arrivera à le voir ! Y'aura pas toujours une semaine en Savoie, vampirisée par le décès d'une petite grand-mère... ! ;-)

 

Et puis, ces jours-ci, j'ai rétrogradé : j'écoute Renaud ! Comme quand j'étais jeune. Parce que, je peux bien te le dire  je suis plus un djeun ! Mais toujours, y'a des trucs qui restent...

Je dédie cette petite chanson à la petite grande femme qui peuple mon univers et que j'aime au point d'affirmer que, oui, c'est elle. Parce que, près d'elle, je suis moi. Et même un grand brin plus grand que moi...

Bonne nuit, lecteur de mon coeur... Je t'envie, parce que ta tête est pleine de chansons. Et je te plains, parce qu'elle t'empêcheront de dormir et que tu les auras dans la tête toute la journée ! 

Alors, tu me maudiras ! Ou bien tu te diras que je suis un veinard, puisque ma vie est faite de chansons, d'amour et d'eau fraîche

Publié dans Léo

Partager cet article

Repost 0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 > >>