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Au début, il y avait...

Publié le par Xavier Pasteau

Au début, il y a une idée négative. Le monde ne tourne pas rond, et les dirigeants ne sont pas à la hauteur. Les lobbys, les multinationales, les corporatismes, les clans, les sectes, les groupuscules, les déments dits de Dieu, comment être souriants quand la planète souffre, sauf nous... Alors quoi ? Vomir ? Non.

Au début, il y a une idée folle, une idée rebelle, une révolution in pectore, des envies de boutage et de coups de pieds au cul. Taper dans la fourmilière, tout renverser et faire autre chose !

Oui mais non. Ils nous emporteront.

Au début, il y a une petite idée, toute sage, fluette, pas plus grosse qu'un murmure. Elle te dit que l'espérance ne viendra pas du dehors, mais du dedans.

Au début, tu essayes juste d'être quelqu'un de bien. Un homme debout, un homme aimant, un père costaud, en devenir.

Au début, tu ne vois que ce qui t'entoure.

Et puis...

Et puis le vaste monde est tellement vaste et ses appels sont tellement forts que tu crois avec eux.

Et puis, tu regarde ta vie, 15 ans de développement local, 15 ans pendant lesquels tu as professé, par métier d'abord, par conviction ensuite, que c'est là que ça se joue. Là où sont les gens, sur les territoires, dans les sociétés locales, là où le CAC40 ne regarde pas, là où les puissances sont absentes, tellement absentes que la tentation du Front est ahurissante. Là où œuvrent les petites gens. Là où la culture n'a pas besoin de TF1, mais seulement de talents modestes, de bouts de chandelles, de solidarité et de beaucoup d'humilité. Là où l'emploi se contente du courage de quelques-uns et d'une foultitude de TPE. Là où l'horizon offert à la jeunesse est celui de lendemains meilleurs, là où parfois un gamin va renverser des montagnes. Le local, c'est là où chacun est respecté en dignité. Là où celui qui veut participer le peut. Alors voter prend du sens. Alors s'engager prend du sens. Alors, "se sortir les doigts du cul" prend du sens.

Au début, il y avait le début. Et maintenant, il y a la vie. Et l'action. Et le sens. Ce qui se passe là-haut sera bousculé par ce qui se passe ici. Et pas besoin que Superman aime Loïs et fasse tourner la terre en sens inverse ! Il suffit que Xav aime Natha, place trois sous dans un projet solidaire et oeuvre à l'émergence d'une maison pour les entrepreneurs du coin. Il suffit que Loïs rende la culture et le patrimoine accessibles à chacun. Il suffit que des gens œuvrent, là où ils sont, pour ceux qui sont là avec eux, autour d'eux. En fait, le monde nouveau naît ici. Il naît à trente kilomètres, où d'autres agissent, créent et vivent. Il naît à cent kilomètres où des inconnus agissent, créent, inventent, innovent, dansent ! Il naît à Tombouctou et il naît à Auckland, partout où des femmes et des hommes font !

Je comprends dans cette nuit paisible, au soir de cette soirée heureuse avec celle que j'aime et mon petit beau-frère, que quelque chose se dessinait depuis quelques temps dans mon esprit et dans mon cœur. Tout ce que j'ai fait jusqu'ici trouve son sens. Nous sommes les acteurs du quotidien, les gens d'ici, les faiseurs du monde local. Nul besoin de chercher une gloire lointaine. Le bonheur est ici. Le bonheur est là où tu peux changer quelque chose. Le devoir est dans ta capacité à agir, modestement. C'est là que tu es grand...

Nous avons parlé ce soir sur le sens des décorations que la République attribue parfois à certains de ses serviteurs. Avec une approche très différente de la question. Honneur inutile, ou mérite légitime ? Offrande d'un appareil politique ou reconnaissance de la nation, de la République ? Qu'est-ce qui a le plus de valeur ? L'accolade d'un préfet qui vient de t’agrafer, "au nom de la République", une médaille sur la poitrine, ou les accolades amicales des gens du coin, et leurs yeux ensoleillés qui te remercient du petit morceau de soleil que tu as contribué, bien modestement, à allumer dans leurs yeux ?

C'est quoi, être grand, dans la société d'aujourd'hui ? J'atteste ce soir que c'est être petit, agir local, agir collectivement, agir humainement, agir respectueusement, agir en conscience et non par calcul, agir avec les talents que la vie t'a donnés - ou t'a permis de développer. Agir en tolérance, dans la curiosité amicale de la différence, de l'inconnu, de l'autre. Aimer ton territoire et en faire une force pour ceux qui y habitent. "Développeur" alors devient une noble tâche. Si c'est cela que les médailles honorent, que viennent les médailles. Nous ne sommes pas tous taillés pour franchir le pont d'Arcole, ou périr pour la paix et la liberté. Mais nous pouvons TOUS œuvrer près de chez nous, simplement, sans polémique, avec bon sens, pour le bien de chaque jour, pour le bien de tous les jours, pour le bien de tous les nôtres.

Au début, il y avait une idée noble. Le jeune homme pétri d'idéal ne pouvait pas ne pas croire ce pour quoi il voulait s'engager. Sa candeur était honorable et la frotter à la réalité fut formatrice. Aujourd'hui, il y a une conviction : sans rien lâcher de notre exigence vis-à-vis de ceux à qui nous confions - en conscience et avec confiance - les destinées du vaste monde, ce qui nous rend acteur et citoyen, c'est, plus que jamais, plus qu'ailleurs et plus que quiconque, ce que nous faisons. Ici, maintenant, modestement. Mais en vérité. Avec et pour les gens.

Citoyens du monde entier, pensons global, agissons local ! Inventons, innovons, créons, soyons les bâtisseurs des territoires qui chantent !

Publié dans Le Vaste Monde

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Chronique d'un soir d'octobre : les invisibles

Publié le par Xavier Pasteau

Aujourd'hui, la présidente du Front National a refusé de se présenter sur le plateau de France 2, dont elle devait être l'invitée principale, pour une émission politique connue. Vouloir représenter les gens et refuser de leur parler, c'est incompréhensible, et c'est choquant. Bien sûr, les manoeuvres des uns et des autres, du président de Les Républicains et de premier secrétaire du Parti socialiste, ne sont pas glorieuses non plus. Exiger d'un média indépendant qu'il régionalise une émission de politique nationale, c'est un mélange de genre troublant.

Au final, nous aurons été privés d'un débat qui aurait permis de mettre en perspective les réalités du programme du FN, en matière économique, en matière sociale, en matière environnementale peut-être aussi, à deux mois de la COP 21. Mme Le Pen sort fripée de cette dramaturgie cynique, mais les citoyens ne sont pas plus éclairés. Le débat public s'en trouve obscurci. Une fois de plus, le bleu marine a viré au noir.

Privé de ce rendez-vous politique, j'ai changé de chaîne. Ailleurs, "Shekaspeare in love" m'a une nouvelle fois ému. J'aimerais savoir écrire d'aussi belles histoires d'amour ! Hélas, je ne suis pas un tel auteur, et jamais, "dans la belle Vérone où nous plaçons notre scène", les personnages de mes récits n'ont su égaler l'histoire de Juliette "et de son Roméo".

C'était cependant le moyen de fuir, d'échapper à la pesanteur du moment. Et à l'emprise de la crève qui envahit ma gorge et la cisaille telle une pluie de halebardes. 

Le moyen d'oulier que les héros de mon enfance flétrissent, oublier les scandales du foot, et les débats stériles du rugby français.

Comme beaucoup, j'ai espéré la coupe du monde pendant quatre ans. Comme beaucoup, j'ai attendu la rencontre contre l'Irlande pour croire en la victoire. Comme beaucoup, j'ai cru à l'exploit contre les Blacks. Comme beaucoup, je suis déçu. Comme beaucoup, je réalise ce que nous savions pourtant : nous sommes une équipe moyenne. Comme tout le monde, je connais les causes de cet écart entre les nations du Sud et celles du Nord. Comme beaucoup, j'aurais plein de solutions à proposer. Comme quelques-uns, je m'abstiendrai de les énoncer. C'est le rôle des gens du rugby, pas des supporters.

Il y a mieux à faire. Il y a d'autres défis. Face à l'incurie croissante des dirigeants, c'est l'heure des citoyens. Il nous reste peu de temps. 

Par quoi commencer ? Réussir la COP 21, bien sûr. Et puis, inventer dans les territoires, les quartiers, les villes les solutions alternatives pour refonder l'espoir. L'école, le travail, la culture, la santé, le logement, la transition énergétique, l'affirmation du collectif sur le particulier. Les sujets sont foisons et ils sont complexes : la protection sociale, le vivre ensemble, le travailler ensemble, et l'incroyable défi que celui qui consiste à inventer une société qui garantisse les droits de la majorité vieillissante à une vie digne et heureuse, tout en préparant l'avenir et en permettant l'accomplissement des générations suivantes. Donner aux plus jeunes le pouvoir pour qu'ils soient, eux, les garants du bien-être de leurs aînés. Restaurer les droits, permettre l'accès de tous au logement, à l'emploi, à la formation, partout, y compris dans les centres villes et les campagnes reculées. Préserver l'attrait et la richesse incomparables des territoires ruraux, préserver les équilibres écologiques, créer une société sobre en matière de consommation de ressources et d'énergies finies. Donner à chacun la connaissance et la culture. Remettre au coeur de l'aventure collective les enseignants, les aidants, les soignants, les artistes, les bénévoles, les militants, les généreux. Les innovateurs, les audacieux, les créateurs. Et de vrais élus locaux aussi ! Dévoués et dénués d'ambitions cumulatives. J'en connais, j'en pratique ! Même s'ils n'étaient pas invités sur le plateau de France 2...

Parfois, je brûle d'y aller, de m'engager dans un projet politique local. Et puis, je n'ai pas le courage. Il faudrait tellement s'envoyer ! Prendre et donner des coups pour apparaître et puis pour exister. Concéder, calculer, négocier pour avoir le droit d'agir. Renoncer aussi parfois. Je cède à la facilité, c'est plus simple de n'être que citoyen. Surtout quand tu as un diplôme, un bon boulot, une maison, un compagne merveilleuse, deux chats et un chaton, des projets d'enfants, un compte d'épargne, des projets de vacances, et la peau bien blanche qui t'exonère des contrôles de police et de bien des tracas. C'est tellement bien d'être français, en 2015, quand d'autres sont syriens, palestiniens, érythréens, haïtiens, afghanes, iraniennes, internautes saoudiens ou chinois, journalistes russes indépendants, ou mineurs zoulous dans les mines de diamants ! 

Dans mon pays, le confort est tel que tu peux refuser de travailler au-delà de 62 ans, lors même que tu vivras 95 ans. Que tu peux huer le président et le basher à tout va, pour tout et rien, et devenir populaire en étant médiocre. Que tu peux râler parce que des intermittents, qui créent - et galèrent - te coûtent trois sous. Que tu peux feindre d'ignorer que ces impôts soit-disant iniques que tu payes financent aussi ta santé, l'école de tes enfants, les transports publics, le ramassage de tes poubelles, et la lutte contre Daech, cette pire expression de la démence et de la cruauté humaine. 

Pourtant, dans mon pays, des groupes de gens dans les communes se sont organisés pour accueillir des réfugiés de la guerre. Dans mon pays, des particuliers investissent leur épargne dans le capital d'entreprises solidaires. Dans mon pays, des pékins lambdas donnent trois sous sur les sites de crewdfunding à des associations qui promeuvent le bio, qui rendent accessible la culture, qui animent les territoires, qui viennent en aide aux démunis.

D'autres gueulent sur les plateaux - quand ils y viennent - que l'on vole le pain de la bouche des Français, que l'on efface la France. Pauvres fous, prophètes de l'heure d'après ! Nous la rendons vivable, la France ! Nous la préservons, belle et digne, créatrice et rayonnante, la France ! Nous la servons, nous la faisons tenir debout, la France ! Nous oeuvrons pour qu'elle demeure accueillante, ouverte au monde, à sa richesse comme à sa misère ! Nous sommes les invisibles qui protègent son honneur et sa beauté, sa culture et sa promesse d'un monde meilleur ! D'un monde nouveau. Défait des profiteurs et des caricatures. Nous sommes ceux qui rendent possibles des lendemains sereins. Parce que nous aurons tourné le dos aux sirènes de ce début de XXIème siècle, luxure, argent facile et malodorant, célébrité éphémère, sous-culture, malbouffe, rejet de l'autre, communautarisme exacerbé, religions dévoyées, starisation des élites, scénarisation de la démocratie, gaspillage des ressources et des paysages, apologie de l'égo et du quand-dira-t-on. Nous sommes ceux qui tentons de préserver ce modèle de société que nos pères et nos grands-pères ont sincèrement cru bâtir pour nous, dans les tranchées de 1917, dans les maquis de 1942, dans trois décennies de dur labeur et de reconstruction d'un pays, de modernisation d'un pays, de pacification d'un continent. Nos pères, leurs pères. Notre Europe, notre France.

Allez sur les plateaux, n'y allez pas. Nous veillons, nous vivons, nous oeuvrons. Nous sommes acteurs. Nous agissons dans nos villes, nos quartiers, nos villages. Nous nous approprions nos territoires et leurs singularité, que nous offrons en partage. Nous sommes les invisibles, mais nous sommes les vrais transformateurs du monde. Nous sommes les invisibles qui font, les "faizeux" comme les nomment Alexandre Jardin et son mouvement des Zèbres. 

Préparez-vous : nous sommes le peuple, et nous ne dormons plus.

 

Publié dans Le Vaste Monde

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A Filetta Complainte corse

Publié le par Xavier Pasteau

Un nouveau joyau, découvert dans la nuit... "Dans ma maison naquit un bel amour. Dans ma maison un rossignol chantait..."

Publié dans Léo

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On va rien lacher

Publié le par Xavier Pasteau

Publié dans Ils m'impressionnent

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Un phare avec au cœur une ville lumière

Publié le par Xavier Pasteau

Ce soir, Serena Williams a échoué dans sa quête du Grand Chelem, l'exploit le plus difficile pour un joueur de tennis. L'histoire retiendra qu'une Italienne, 43ème mondiale, contre toute attente, l'aura éliminée en demie-finale de l'US Open. Enfin... l'histoire du sport !

La grande histoire, elle, retiendra - et nous enseignera douloureusement - que, dans cet été 2015, l'Europe aura perdu, une nouvelle fois, son âme. Tandis que, sur les réseaux sociaux, de multiples citoyens effarés auront cité Hugo, de Gaulle, Churchill et quelques autres, les chefs de l'Europe auront sacrifié notre honneur commun.

Ils auront cédé aux organismes financiers le pouvoir qui, jusque-là, échoyait aux peuples. Quand 10 millions de Grecs auront, à deux reprises en quelques mois, exprimé un choix clair - quoi que chaud patate - ce choix aura été balayé, au petit matin, sous l'injonction de la BCE, du FMI et de la Commission Européenne. Et de l'Allemagne hélas... Dommage... En une nuit, ce qui faisait le sel de la construction européenne s'est effacé. Cette Europe, NOTRE Europe, qui s'inquiétait depuis 2005 de ne plus être soutenue par les peuples, s'en est tout simplement débarrassé. Exit le peuple. Exit les citoyens. Exit le suffrage universel.

Exit l'idée européenne. Place aux organes, aux banquiers, aux comptables, aux prophètes du malheur. Aux enchaînés de la mondialisation. Le génie des fondateurs de 1950, de 1958, de 1993, a été emmuré dans le coffre d'une banque francfortoise. Je ne partage pas les positions de M. Varoufakis, ni de M. Tsipras, mais j'ai vu le plus beau rêve de ma génération être piétiné et détruit en une nuit.

Et puis, en cette fin d'été, face à un afflux inimaginable de migrants fuyant la guerre et la mort, nous, Européens, avons montré que nous ne sommes plus rien. Nous avons tergiversé, nous tergiversons encore. Nos gouvernants pratiquent un dialogue de sourds-muets qui permet aux uns de dresser des murs et aux autres de combler les carences de leur démographie. Et aux plus piteux, nous, de n'être plus personne. Face à l'histoire, en dépit de la sienne propre, la France est aux abonnés absents. L'Etat hésite, promet 24 000 places. Une goutte d'eau. Pauvre société apeurée et frileuse, repliée sur elle-même, qui ne peut même plus saisir dans le vent du soir l'odeur du sang et de la mort. Pauvre France livrée à des organes médiocres depuis quatre décennies, qui ne peut même plus comprendre qu'elle n'a qu'une voie, la sienne, celle de l'accueil, de la bonté, de la grandeur.

"Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde." (Charles de Gaulle)

Et jusqu'à ce papier désolant, dans la presse de notre pays, expliquant que, contrairement aux affirmations alarmistes de l'extrême-droite, la France n'est pas une destination pour les migrants, mais seulement une zone de transit. Et le journaliste d'enfoncer le clou : mêmes les Syriens francophones ne veulent pas venir, la France est rayée des radars."

Allait-on disparaître sans rien dire ? Allait-on laisser le monde s'écrouler en se demandant si l'on peut ouvrir des magasins le dimanche, si Di Maria est une bonne recrue pour le PSG, ou si Claire Chazal va nous manquer ?

Allait-on continuer à s'écharper en parlant de Mme Duflot, de M. Devedjian ou de Jean-Marie Le Pen ?

Allait-on être si petits que, mêmes nous, d'ici, nous ne nous apercevrions plus que nous sommes un pays ? un peuple ? une voix ? une conscience ? des savoir, des savoir-faire, des savoir-être ? un phare avec au coeur une ville lumière ?

Oui, on allait y arriver.

Et puis voilà que...

Et puis voilà que le peuple a dit non. Et puis voilà que le peuple a dit que lui, il allait le faire, le job. Et voilà que le peuple, il a décidé que ce serait lui la France, la grandeur de la France, la fierté de la France. Des gens ont accueilli des réfugiés. Des gens ont demandé qu'on les laisse passer, des gens ont commencé à expliquer que, les rejeter aujourd'hui, c'était comme avoir repoussé les Juifs d'Allemagne en 1938-1939...

Le peuple de France a exigé de pouvoir relever la tête et regarder dans les yeux ces hommes, ces femmes et ses enfants meurtris, en quête de juste un endroit où on ne les tuera pas.

Le peuple de France a regardé à la télé ses cousins germains accueillir sous les applaudissements des milliers de réfugiés en gare de Francfort, à deux pas justement de la BCE...

Le peuple de France a eu envie de faire pareil. Le président a dit 24 000, comme si c'était un gros effort. Le chef de l'opposition, fidèle à lui-même, a proposé un truc improbable, un truc qui n'existe pas, à mi-chemin du réaliste et de l'inacceptable. Lassée de tuer le père, la chef de l'extrême-droite a redit que non, que c'était la fin de la France, que la civilisation était en danger. Mais enfin, le danger qui menace notre civilisation tient bien plus aux menaces climatiques, à la déculturation de notre jeunesse, à la régression du lire et de l'écrire, au pouvoir de l'image sur le texte, du slogan sur la réflexion, de l'immédiat sur le durable, que sur les réfugiés ! 24 000 Syriens et Erythréens menacent moins la France que les blocages internes de notre corps social ! La générosité menace moins notre économie que le surendettement et l'inertie des corps établis !

Le peuple de France est prêt à donner une chance encore à ses dirigeants. Ce sera en 2017. S'ils ratent le coche, plus rien ne liera la nation à la République, plus rien ne liera les citoyens à leurs élus, plus rien ne liera le peuple à l'Etat, plus rien ne liera la France à l'Europe. Alors le pire, sur fond de cataclysme géopolitique et climatique... Fiction ?

Oui, bien sûr. Pour autant, le mal sera si profond que de grands tourments attendront la société française, et tout le continent. Et combien serons-nous encore à se souvenir qu'il s'agissait seulement de soulager un pays de 10 millions d'habitants asphyxiés, et de 24 000 réfugiés, hommes, femmes et enfants, qui, simplement, mais au péril de leur vie, fuyaient la guerre et la mort ?

 

Publié dans Le Vaste Monde

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