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Ose !

Publié le par Xavier Pasteau

Voilà une pub qui a fait vibré plus d'une personne ! Voilà plus d'un an qu'elle circule sur FB, et à raison !

Alors oui, qui que tu sois, ose ! (et Vivaldi en prime !)

 

Publié dans Le Vaste Monde

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La pluie d'été

Publié le par Xavier Pasteau

Voilà un spectacle qui est spécial pour moi, mais je recommande !

https://www.facebook.com/events/1015814731793365/

Bien sûr, on dira que la créa lumière est l'oeuvre de ma douce, que la voix off est celle de ma douce, et que je suis tout sauf objectif.

Oui mais non.

4., tu te souviens quand je me foutais à nu sur d'autres blogs ? Dans "la pluie d'été", un jeune homme et une jeune fille vont bien plus loin. Marguerite Duras a donné le top départ d'une quête de liberté, d'existence, de prise sur sa destinée et, peut-être par là, sur le vaste monde.

Dans le spectacle, Le Théâtre de l'Anaphore, ou plutôt Annabelle Penin, sa directrice, a donné corps à un texte écrit par Marguerite Duras. Sur scène, deux comédiens et quelques enfants. Pendant... pendant du temps (je n'ai aucune idée du temps qui passe dans de tels moments !), tu restes figé, embringué dans ce texte et dans la vie qu'Annabelle et son équipe ont su lui donner. Je l'ai déjà vu lors de la création et j'y retourne demain !

Alors, à bon entendeur charentais-maritime... A demain !

 

Et sinon, prie (milite) pour que ça passe un jour près de chez toi !

Publié dans Ils m'impressionnent

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Le dessinateur

Publié le par Xavier Pasteau

     Cela commencerait par l’image d’un lac, bordé de joncs, d’une forêt, avec une route au loin, et le soleil qui commence à décliner, en cette fin d’après-midi. Des notes de piano accompagnent cette séquence, vives, légères, enjouées.
    Assis sur un panier retourné, un homme dessine. De là où nous nous tenons, nous ne voyons pas ce qu’il trace, nous devinons seulement le mouvement de son bras sur son bloc. Mine, fusain, pastelles ?
    
L’eau frissonne sous l’effet d’une brise, et le mouvement de deux cygnes lents. En regardant plus loin, on voit les coteaux, couverts de vignes, ou de vergers, de haies épaisses, d’alignements de peupliers, lorsqu’on approche de la rivière. Les pommiers sont en fleurs, ils brillent dans le soleil couchant, cette carte postale date de fin avril. C’est quelque part dans le pays, c’est un homme d’ici. C’est un dessinateur.
    
Si nous nous approchions, nous verrions que, à l’encre de Chine, sur un grand canson blanc crème, d’une main lente, précise, concentrée, de mémoire, il dessine le portrait d’une femme.

    Cet homme a peut-être existé. C’était avant, avant l’avènement des téléphones portables, avant le temps de l’ultra-connexion, à une époque où, passer son après-midi à dessiner au bord d’un lac ne se communiquait pas sur un mur. Loin de chez lui, cet homme est tranquille. Il sait que rien ne viendra perturber son travail, sa quête des souvenirs, sa course folle contre l’oubli pour retrouver l’éclat d’un regard, l’arrondi d’une fossette, la finesse d’une mèche glissant derrière l’oreille. La roseur d’un lob qui, même retranscrite à l’encre de Chine, ne ressemblera jamais à aucune autre.
    Il paraît que ce que l’on oublie en premier, c’est la voix. Le timbre. Son éclat ou sa raucité, son tremblement dans les aigus, son inépuisable force ou sa douceur d’un ru, au milieu des coteaux. Cet homme ne se souvient plus très bien de la voix de cette femme, plus quand elle parlait. Il se souvient des mots, il se souvient de tous les mots, les tendres et les durs, ceux emplis de promesses et ceux d’adieu, ceux susurrés et ceux hurlés. Mais le timbre avec lequel tous ces mots lui ont été dits, il ne sait plus. Il y repense, mais il ne les entend plus. Dans les images qui l’habitent, il suit les dialogues mais il ne les entend plus. Il n’y a que quand elle chantait qu’il ne pourra jamais oublier. Cette petite scène d’une kermesse de campagne. Elle était venue avec deux amis guitaristes et elle chantait devant les familles attablées, les vieux ragaillardis par le soleil de la fin août, les chineurs plus loin vers le pré. Elle se tenait bien droite, devant le micro, les bras le long du corps. Elle regardait au loin, comme fixée sur un improbable écran sur lequel défileraient les paroles. Elle chantait de cristal, puis un tremblement dans sa voix emportait l’auditoire vers de nouvelles émotions. Les badauds s’arrêtaient un instant, touchés, puis reprenaient le cours de leur dimanche. Notre dessinateur était là, il finissait de boire son café, à une table sise en bordure de la place, de telle sorte qu’il ne voyait pas la jeune fille de face, mais de trois-quarts. Quelle importance cela eut ! Car ce furent d’abord les lignes de son menton et de son cou qui lui plurent. S’il avait choisi une table plus centrale, il l’eût vue de face et, peut-être, jamais la mécanique foudroyante de l’amour ne se serait enclenchée.
    
Et puis cette voix. Et puis ces chansons, ces vieux airs surannés, usés d’être trop chantés, trop passés à la radio, trop repris dans les bals, trop imités dans des chambres d’adolescents, ces airs qui s’enroulaient autour du clocher de la vieille église, les pilastres de la halle couverte, les chênes centenaires de la cours d’école, qui pénétraient dans les masures et les colombiers, ces airs du patrimoine, auxquels une jeune fille roide redonnait ce jour-là un éclat nouveau et un nouveau printemps.

     Le soir approche, la lumière décline. Au loin, le clocher du village fait résonner l’angélus, l’homme distingue de moins en moins sa page noircie. Le vent souffle un peu plus fort et l’oblige à remonter le col de sa gabardine. Il allume une cigarette, inhale lentement en scrutant le paysage au loin. Le détail des coteaux s’estompe, la toiture des fermes se confond dans le bocage, les premiers phares d’automobiles apparaissent sur la départementale. Il sait qu’il va devoir rentrer, ranger son bloc, nettoyer sa plume, bien refermer sa fiole à encre avant de la glisser dans la petite poche frontale de sa besace. Il sait qu’il va devoir remettre au lendemain la poursuite de son voyage dans le temps. Avec lassitude, il remonte la sente vers le parking, un rectangle de caillasse et de sable, avec pour seul ornement un vieux panneau d’information touristique. Le soir le prive de ses souvenirs. La jeune femme et sa voix d’ange ont quitté la scène et la Grand’place de la kermesse est redevenue irrémédiablement vide et silencieuse. Privé de lumière, le dessinateur est orphelin de sa mémoire.

 

Publié dans Ecrits

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intro !

Publié le par Xavier Pasteau

Si maintenant, tu n'as pas compris pourquoi ce blog s'appelle comme ça !

Publié dans Monsieur Loyal

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Monsieur

Publié le par Xavier Pasteau

En cherchant Léo, j'ai croisé Philippe Léotard. Il y a peu d'artistes plus vrais que celui-là. Abîmé, déformé, gênant, mais beau à voir, à écouter. Dans les films, et quand il interprète. Frère de ministre, tu parles ! Le ministre était le frère de l'artiste...

Un jour, mon frère m'a dit que je lui ressemblais. A part certains soirs trop arrosés, je ne vois pas vraiment, mais je prends. J'aspire à l'authenticité et  la liberté de cet homme. Je ne prétends pas au talent, hélas !

Qui dit Léo, dit Philippe Léotard. La mémoire et la mer, plus grise que jamais...

Chapeau, l'artiste.

 

Publié dans Léo

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